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Treize années de vainqueurs

Les statistiques sont formelles, les moustachus ont plus de chance de gagner le Grand Raid
© René Laï Yu - Journal de l'Ile de la Réunion

Avant de devenir l'une des références mondiales de l'ultra-trail, le Grand Raid qui s'élancera le 19 octobre prochain a connu différentes versions, différents parcours et différentes appellations. Ils sont près de 500 à s'élancer du Barachois en 1989 pour disputer la “Marche des Cimes” qui deviendra “Grande traversée” puis “Course de la pleine lune”. Le “Grand Raid” ne naîtra officiellement qu'en 1994. Retour sur treize années d'une course mythique.

1994 à 1996 - Les années Marie-Louise

La “Course de la pleine lune” tire sa révérence. L'appellation “Grand Raid” fait sa première apparition en 1994. Au programme des coureurs : 130 kilomètres entre Basse Vallée et la Possession via la Roche Écrite et la Grande Chaloupe. Vainqueur en 1992 de la Grande traversée, le Possessionnais Jean-Philippe Marie Louise sort vainqueur des 366 arrivants (sur les 660 inscrits). Mireille Sery remporte la course féminine. Marie-Louise récidive en 1995 au terme d'un parcours long de 121 kilomètres. La Possession est également à la fête chez les femmes avec la victoire de Marcelle Puy devant Mireille Sery. Celle qui deviendra la grande dame des sentiers réunionnais explose aux yeux du grand public à tout juste 25 ans. Le cap du millier de concurrents est atteint en 1996. Un tournant pour la Diagonale qui peut désormais se targuer d'accueillir des concurrents venus des quatre coins de l'Europe. Le site de départ est installé au Cap Méchant. Philippe-Marie Louise s'impose pour la troisième année consécutive alors que la Néo-Calédonienne Josiane Catois s'impose chez les femmes.

1997 - Une moustache devenue célèbre

Le seuil des 1000 arrivants est franchi. Vainqueur en 1993, Patrick Maffre en termine en solitaire à la Grande Chaloupe. L'”homme à la moustache” originaire de la Plaine des Cafres devance de plus d'une heure Pascal Parny. La métropolitaine Corinne Favre remporte la première d'une longue série de victoires.

1998 - Libelle première

Le Grand Raid évolue et adopte une configuration toujours de mise : départ du Cap Méchant, arrivée au stade de la Redoute à Saint-Denis. Au menu des 1800 concurrents : 128,5 kilomètres et 7936 mètres de dénivelé. Originaire de Mafate, Cléo Libelle est le premier à inscrire son nom au palmarès de ce Grand Raid nouvelle version.

1999 - Libelle au bout du suspens

Fait unique dans l'histoire de la course : les affaires se règlent au sprint. À l'approche de la Redoute, quatre hommes se tiennent en moins d'une minute : Cléo Libelle, Eddy Myrtal, Yvon Libelle et Gilles Diehl. Pour la deuxième année consécutive, Cléo décroche la lune en devançant Myrtal. Son cousin, Yvon complète le podium.

2000 - Duo gagnant

Un métropolitain s'invite sur la plus haute marche du podium. Gilles Diehl franchit la ligne d'arrivée main dans la main avec le Saint-Louisien Thierry Técher. Les deux hommes ne se sont jamais quittés du parcours et renoncent à se départager. Victime d'une panne de lumière, Dhiel a pu compter sur l'aide de Técher pour s'éclairer. Chez les femmes, la métroplitaine Corinne Favre, considérée comme la meilleure du monde en montagne, remporte son troisième succès d'affilée.

2001 - Parny le randonneur “Cette année-là, Marcelle Puy réalise l'un des plus grands exploits de l'histoire du Grand Raid en s'invitant à la bagarre de tête avec les hommes.”

C'est presque un inconnu qui domine de bout en bout cette édition 2001. Le pompier palmi-plainois Pascal Parny qui se qualifie lui-même de “simple randonneur” pointe déjà en tête au volcan. Les principaux favoris sont en déroute. Ils ne le reverront jamais. “Avant la course, je suis parti une semaine tout seul. Je n'ai presque pas couru. De toute façon, je n'aime que la marche et je suis nul en course. Je suis un paresseux” assure Pascal Parny sur la ligne d'arrivée. Charles-André Fontaine et Cléo Libelle complètent le podium.

2002 - La sensation Puy

Cette année-là, Marcelle Puy réalise ce qui reste comme l'un des plus grands exploits de l'histoire du Grand Raid en s'invitant à la bagarre de tête avec les hommes. Sixième du scratch à Cilaos, Puy tient tête aux tout meilleurs avant de s'emparer finalement de la dixième place en 20 heures et 54 minutes. Le Saint-Louisien Thierry Técher double la mise après son succès de 2000.

2003 - Richeville, la fierté dionysienne

Saint-Denis tient son héros. Sur un parcours légèrement plus long (130 kilomètres), Richeville Esparon, jusqu'ici absent des podiums, s'offre une longue balade en solitaire. Le Dionysien devance de plus d'une heure les métropolitains Vincent Delebarre et Benoit Laval. L'inusable Jacky Murat s'empare de la quatrième place.

2004 - Richeville acte 2

Record d'affluence battu avec 2042 concurrents au départ du Cap Méchant. Esparon, Parny et Delebarre se livrent une fantastique bagarre. Richeville Esparon a encore une fois le dernier mot et franchit en solitaire la ligne d'arrivée sous une pluie battante. La course féminine est riche en rebondissements. Longtemps en tête, Danièle Séroc lâche prise dans le final au profit d'Alexandra Rousset dont la victoire sera contestée par Margot Hoarau pour “aide extérieure”.

2005 - Fontaine récompensé

Le sacre de Charles-André Fontaine est celui de la persévérance. Toujours placé jamais gagnant, le coureur Tamponnais inscrit enfin son nom au palmarès du Grand Raid. Parti prudemment, Fontaine ne prend le commandement des opérations que dans la montée de Dos d'Âne. Derrière lui, c'est l'hécatombe chez les favoris. Técher renonce à Mare à Boue, Esparon et Myrtal ne sortiront pas du cirque de Mafate, Delebarre explose après Deux Bras. Ces défaillances profitent au jeune Bénédictin Wilfrid Oulédi, surprenant dauphin.

2006 - La Réunion cède du terrain

Pour la première fois de l'histoire du Grand Raid, un Réunionnais n'inscrit pas son nom au palmarès de l'épreuve. En tête peu après la mi-course, Vincent Delebarre, Christophe Jacquerod et Wilfrid Oulédi se livrent une bataille mémorable. Du côté de Roche-Plate, Delebarre craque un instant puis s'offre une sieste salvatrice aux Lataniers. Il revient sur le duo de tête à quelques kilomètres de l'arrivée. Le Réunionnais Wilfrid Oulédi craque dans l'ultime descente. Vincent Delebarre, le Chamoniard et Christophe Jacquerod, le Suisse, franchissent la ligne d'arrivée main dans la main.

Chez les femmes, Karine Herry dépasse sur le fil une Corinne Favre à la dérive au dessus de Dos d'Ane. Herry s'offre l'incroyable triplé : course des Templiers, Ultra-trail du Mont Blanc, Grand Raid de la Réunion.

 

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